Dimanche 21 décembre 2008
J'étais pressée de la connaître.

M, c'était pas dur de flairer sa différence.
Même par ordinateur interposé.

Je suis entrée dans cet appartement comme une voleuse.
La porte-fenêtre de derrière laissée ouverte par erreur.
Elle n'était pas venue ce soir-là.

En retraite dans un chalet, elle faisait le point.
Elle m'avait tout de même offert son lit.

Dès la première rencontre, elle a été prête à me donner davantage.
Comme un cadeau de bienvenue.

Comme à toutes les autres. 

Je ne le savais pas.

Très vite, j'ai senti le malaise entre M et E.
Je me disais qu'E en pinçait pour M et qu'elle me jalousait de mon statut de nouvelle "favorite".

Je ne savais pas encore à quel point c'était vrai.

4 mois ont passé.
Aujourd'hui, française exilée plus que jamais, je connais la disgrâce.
D'adorée je suis devenue paria.

M ne m'aime plus.

M qui avait toujours une histoire à me raconter, ne me parle plus.
M qui plantait droit ses yeux dans les miens, ne me regarde plus.
M qui profitait de la promiscuité de la salle de bain, ne me touche plus.

Effet sablier dans une coloc' à deux têtes, E m'en aime davantage.
Maintenant, c'est elle qui frappe à ma porte tous les soirs, m'emmène au ski, m'invite dans sa famille pour Noël.
Elle se confie plus également.

Elles ont couché ensemble.
Au début de l'été, alors qu'E venait d'emménager.
Cadeau de bienvenue, vous dis-je.
Pour M, simple mission de routine. Elle est toujours sincère sur le coup.
Son vagin s'élargit aux torrents de mots qu'elle déverse dans ton oreille.
La chaleur de sa main à ton genou, et un plaquage bien viril contre un mur plus tard, si tu ne bénéficies pas d'une immunité spéciale, c'est la condamnation : vivre en sachant qu'on fait partie des "68".
Entre temps, le chiffre a déjà augmenté d'au moins 5, rien à voir avec les courbes du baril de pétrole.
E a avoué avoir été blessée par l'attitude de M.
Qui te baise avec autant de ferveur qu'elle t'oublie.
Qui rit aussi fort qu'elle tombe à genou pour pleurer.

Personnalité des extrêmes, M désavoue aussi vite qu'elle a porté aux nues.
Depuis que je suis arrivée, j'ai vu quatre de ses soi-disants amis se faire destituer.
Sacrifiés sur l'autel de son amour-propre.
Karo, son ex meilleure amie, pour être en couple avec M-E, son ex.
PP, notre coloc', son ami depuis le lycée, pour une histoire de ménage. En un mois, il n'est réapparu dans l'appartement qu'une fois. Histoire de découvrir qu'on avait un chien ... lui qui y est allergique. Depuis elle cherche à le remplacer, sans lui en parler.
Fayyyyçal, son ex nouveau meilleur ami, pour ... pourquoi déjà ? Être trop lui. C'est beau la tolérance. Il est censé me remplacer dans la coloc'. Ce n'est déjà plus d'actualité, mais il l'ignore encore.
Gaby, son confident, pour avoir osé appeler à l'appartement spécialement pour me parler, sans prendre la peine de lui demander comment elle allait. Il n'est pas au courant, mais elle ne veut plus rien savoir de lui.

Confrontée à ces déversements de reproches et d'amertumes à peine dissimulés tous les jours, j'avais oublié que je n'en étais pas juste spectatrice.

Honnêtement je ne sais pas où j'ai failli.
Le chien est un élément de ma chute.
C'est certain. Sûrement le principal.

Mais ça ne doit pas être le seul.
Mes silences, un peu. Mon indifférence, beaucoup.
Elle s'est lassée de moi.
Comme elle se lassera probablement de le/la suivant(e).

M m'a plu tout de suite.

Elle est différente, excentrique, très intelligente.
Elle s'exprime facilement.
Séduit par son charisme.
Elle sait se vendre.
Mais elle est aussi victime.
De ses intransigeances.
De son idéalisme.
De son égocentrisme.
De sa susceptibilité.
Extrême et douloureuse.

Au début j'ai cru que c'était E, la discrète, qui avait besoin de M au quotidien pour exister.

Aujourd'hui je sais que c'est elle la véritable force de cette L coloc'.
Sans E, M est foutue. Plus de pilier, plus de boué pour la porter au moins une fois par semaine.

Alors si tu as l'âme bonne en ce moment précis, fais comme moi, aie une petite pensée émue pour la véritable héroïne de mon épopée québécoise : E.
Par Twix - Publié dans : The Coloc'
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Mardi 16 décembre 2008
Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon.

Ce blog n'est pas mort.
Pas encore.

C'est juste toi qui est fatigué.
Oui, toi.
Toi + moi = pas d'humeur au blog.

Mais j'irai au bout du bout du bout de la fin de l'ennui de la masturbation de mon sur-moi.
Que la partie immergée de mon iceberg mouille encore longtemps l'encre de la blogosphère.
Du moins le premier semestre de 2009.

Avec Ottawa j'achève la trilogie Ontario.
Mais la mienne aussi.

Tu vois Strasbourg ?
Ben, Ottawa c'est pareil.
En plus moche.
Plus industrielle sur les bords du Parlement.
Et des maisons en brique.

Mais c'est propre.
Ca oui.
Même un SDF, c'est propre à Ottawa.
Déjà c'est discret. Sous le pont. A l'ombre.
Juste une couverture.
Même pas d'argent à réclamer.
Ensuite y a rien autour de lui.
Même pas un petit mégot.
Non.
La grande classe Ottawa.

Bon.
Y a quoi à Ottawa ?
A part ..., je veux dire.

Un petit quartier d'affaires minable à côté de celui de Montréal.
Des musées. Moins qu'à Montréal.
Une rue marchande. Contre 3, 4 à Montréal.
Deux Universités. Au moins 4 à Montréal.

C'est bon ? T'as compris ?
Que Montréal c'est vacheeeeeeeemmmmmment plus mieux.

Sinon on trouve quand même des Starbucks, des Second Cups et des vélos.

Un Parlement surtout.




C'est quand même la capitale du Canada.
Ne l'oublie jamais.
Et tout ça, c'est à cause de Victoria.
Tu sais, la Reine.
C'est elle qui comme ça, a décidé un jour de mettre la capitale à Ottawa.
Si j'ai bien suivi la visite guidée, à l'époque tout le monde l'a prise pour une folle.
L'Histoire lui a finalement donné raison.
Proche des Etats-Unis mais pas trop pour bien marquer la souveraineté canadienne.
Et surtout. Surtout.
Juste à la frontière avec le Québec pour ne pas les perdre de vue ces gaulois à la sauce poutine.
Histoire de calmer leur envie de sécession.
Oui. Ca les prend comme ça.
Tous les 10-20 ans en moyenne, un québécois est amené à se prononcer par voie référendaire sur le thème : alors, tu la veux ta souveraineté politique ou pas ?
Même qu'en 1995 ils sont passés à 0,59% de se casser de la fédération ces niaiseux.

Alors, bon. Là tu comprends mieux pourquoi elle avait eu le nez fin Victoria d'Angleterre.

A part la visite du Parlement.
Globalement je crois qu'on s'est un peu fait chier.
On avait vachement froid.
La ballade le long du Canal Rideau a fini de nous achever.
Alors on a concentré nos efforts sur le musée des civilisations.
Où qu'on a vu des canards.
Et des expositions moches.
On s'est fait une petite virée dans le Grand Canyon via l'Imax du musée.
Mais même ça, ça puait un peu la sensibilisation écologique à deux balles. Genre : han la rivière se tarit de plus en plus. Que faire ?
45 minutes d'images plus tard : mettre un économiseur d'eau dans les chiottes.
Et après on sera tous heureux pour les siècles et les siècles.

Bref.
Pour autant je regrette pas la visite.
Je critique, je critique mais c'est quand même beau.
C'est juste qu'il n'y a pas énormément de choses à y faire en tant que touristes.
Eventuellement un petit Second Cup ...
Eventuellement.


But I resisted.





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Vendredi 5 décembre 2008
Le froid. Le noir. Et les lumières rouge.
L'arrivée à Toronto, c'était ça.
Une ville futuriste à la "I Robot".

Depuis Atlanta et son périph' de nuit, j'avais plus jamais vu ces buildings aux grands panneaux publicitaires éclairés par des projecteurs.
Les hélicoptères qui survolent en permanence le secteur.

Tu t'attends à tout moment à voir surgir Will Smith gun en poche, bonnet vissé sur la tête.


Une fois descendu du bus, t'es surtout saisi par le froid. Un froid sec, traître. Enlève tes gants.
Sur le coup tout va bien.
Deux minutes après tu ne peux pas bouger les doigts.
La main te tire dans toute sa longueur.
S'en est même difficile de marcher.
Impossible de penser à autre chose.
Là, tu te dis qu'il est temps de trouver l'auberge.

C'est la lilloise qui s'est occupée de réserver pour la nuit.

Devine.

Des chinois. Oui.
Il y a, quoi ? sûrement une bonne cinquantaine d'auberge dans cette ville (la plus peuplée du Canada, au passage), elle me dégotte une auberge de chinois ...
Quand on a cherché pendant une demie heure où pouvait bien se trouver cette p%# d'auberge, j'ai bien failli être mauvaise langue. Sur le thème : faut-il vraiment faire confiance à un de la race des pékinois ?

Bon.

J'admets. J'ai pas juste failli.
Deux minutes avant de se retrouver devant la porte des chinois et d'un lave linge (parfaitement, c'est toujours du meilleure effet sur un palier), j'ai craqué. Sous-entendu lâche : t'as déjà payé ? Internet ? ben voyons.

Bref.
On a sonné.
Une petite chinoise, la soixantaine, vient ouvrir.
Large sourire découvrant ses dents.
Elle ne dit pas un mot et disparaît dans le couloir.
Là, un vieux tout sourire arrive. Téléphone à l'oreille, il parle chinois au responsable de la maison.

On se regarde. Dieu de tous les cieux.
Evidemment.
Ils ne parlent même pas anglais, les sushis. Trop vieux. Sont périmés.
Du coup, on est obligés de s'expliquer en anglais à la sauce pékinoise avec le gérant de l'auberge, absent ce soir-là.

Le vieux finit par nous conduire à notre chambre.
Il rit. Il ne parle pas.
Juste il rit.
Quand il marche. Monte les escaliers. Allume la lumière.
Nous regarde. Trois petits "hi hi hi", rapides, parfaitement millimètrés.
J'ai eu du mal à m'endormir. Surtout en imaginant qu'il pourrait remonter nous voir, un couteau entre les dents, pendant notre sommeil. "Hi hi hi".

Comme il n'était pas si tard, et surtout qu'on avait vachement faim, on est ressortis.
Pour prendre des pizzas, du vin et de la bière.
Ouais. On avait envie d'une soirée pépère, et correctement alcoolisée.
Pour se réchauffer.

Chinatown everywhere.

Foot massage 10$ ?
Chicken ?
Manga ?

Tu peux trouver le parfait bonheur chinois là-bas.
Politique du multiculturalisme oblige, les noms de rues sont donnés en anglais et chinois à la fois.

Incroyable, quand on y pense.

Dans ce contexte, la pizza, le vin et les bières c'était pas gagné.


Mais on savait pas à quel point.
On est à Montréal, à la base.
Point de vue réglementation, les différences avec la France sont pas énormes.
Certes.
Pas de grand choix de vin pour pas chère. Mais si tu veux, tu peux.
Quelle que soit l'heure.

Là.
Umh.
Déjà le vin, on a dû oublier. Deux supérettes visitées.
Pas une trace de la moindre petite boisson alcoolisée.
Il fait froid, la ville est grande, les magasins sont entrain de fermer.
D'ici à ce qu'on trouve un magasin spécialisé, c'est mort.
Jamais ça n'arriverait à un français.
Jamais.

Passons.
Arrivés à la pizzeria, on repère les bières dans le réfri'.
On en prend chacun une.
Là, action surprenante. Le mec nous les décapsule direct.
Je lui fais remarquer qu'on les emméneraient bien avec nous.
Il me regarde l'air surpris dans un premier temps, puis rit franchement.
"No, no way. You can't".
What the fuck ?

Figure-toi que les lois en Ontario sont les suivantes : interdiction pour un commerçant de fast food ou restau ou assimilé de laisser les clients consommés en dehors de son établissement.
Interdiction de consommer de l'alcool tout court, dans la rue.
Un commerçant qui laisserait un de ses clients avec une bouteille de bière sur la voie publique risque une grosse amende ou de voir son établissement fermé.

Rien que ça.

Mazette qu'on s'est dit du regard tous les trois.


Rigole pas beaucoup en Ontario.

Déjà qu'il fait glacial.
Les pauvres.

Le lendemain on a surtout marché. Marché le long de l'eau.
Marché le long des rues aux murs tout tagués, tout partout, tout colorés.
 

Mais c'est dur. De se départir de la froideur générale que dégage la ville.
Son architecture.

Du béton. Du gris. De l'acier.






Le gigantisme des lignes du chemin de fer qui se dirigent vers la Tour CN. L'une des plus hautes tours autoportantes du monde.


Du fer encore.
Aspiré au coeur de Toronto.
Sous un ciel bleu acier.
C'est beau.
Mais glaçant.










Même les parcs de jeu pour enfants sont effrayants.
Vue sur une usine désaffectée à la sortie du toboggan.






Ouah ! la folie.















Face au lac, un SDF, aux milieux des hautes herbes.
Protégé par le vent, un grand bateau, le Cindy, devant lui, il lit un grand livre pour enfants.
Les yeux bleus.


Lui.
Doit avoir froid aujourd'hui.

J'ai pas vu de services sociaux les deux soirs où on est passés devant un autre clochard.
Allongé sur une plaque chauffante au beau milieu du trottoir, il ne bougeait plus sous sa couverture.
-15°C ces soirs-là.

Glaçante, je te dis cette ville.



De la tour CN, tu peux encore mieux admirer l'autoroute, le périph', le lac immense qu'on dirait la mer.



Après on a visité le centre ville.
L'association PETA a tenté de réchauffer l'ambiance avec des pancartes d'animaux ensanglantés.
Le kiffe.

On s'est réfugiés dans une crêperie en attendant l'heure du départ.

00h01.

Pour Ottawa.
Mon épreuve personnel.
Comprenne qui pourra.
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Jeudi 4 décembre 2008
Râââââââââââââââââââââââh enfin, je te reviens.

Peut-être que tu t'en fous. Peut-être que t'as raison.

Mais je vais quand même l'écrire.
Mon putain de résumé des trois jours road trip en pays Ontarien.

Non, faut pas perdre les bonnes habitudes.
Alors que la 1ère étape : Canada first semester n'est pas encore passée.

L'Ontario, donc.
C'est pas le Québec. Ca, c'est sûr.
Déjà parce qu'il y fait plus froid qu'à Montréal (si).
Ensuite parce qu'ils parlent tous Anglais là-bas.
Enfin parce que tu sens que ce sont EUX. Les vrais canadiens.
Les purs. Les non sécessionistes. Drapeau national au fenêtre.

C'est sous la neige qu'on est arrivé aux Chutes du Niagara, vendredi matin vers 9H.
La nuit dans le bus a été courte. Mais moins énervante que pour NY.
Premiers pas sur le trottoir. Première chute.
Oui. Je suis la victime des plaques de verglas.
Ca les fait rire ces imbéciles. La lilloise the retour (cf Laurentides), Mathieu le parisien et Mr Renaud.

Tous centrés sur notre but : les Chutes, on se met direct à leur recherche.
Longer la rivière. Se rendre compte que les seules belles maisons de la municipalité (St Catharines) sont des maisons d'hôtes : Bed and Breakfast. Et se dire que s'en ferait bien un de petit déj'.

Après 30 minutes de marche, un passage devant une pub pour le musée tropical de la ville. So exotique.

On entend le bruit de l'eau qui gronde à quelques mètres.
Oui. On entend. Et c'est là tout le problème.
La neige tombe toujours. Le brouillard ne se semble pas vouloir se lever. Invisibilité totale.

On est face aux Chutes. Comme 4 imbéciles. Pas un touriste à l'horizon.
Les bateaux quelques mètres plus bas sont aux hangars.
Seuls des 4x4, caractéristiques de tous les péquenots canadiens, passent par là. Je crois qu'ils se marrent à l'intérieur. Ca sent un peu le Sarah Palin, cette contrée.

Bref. Les boules.
On est allés dans un Holyday Inn. Au coin d'un faux feu.
Pour se réchauffer un peu. Et puis faire un peu plus connaissance.
Et surtout : manger ! Uhmmm. Les breakfasts Nord Américain. Peut-être la seule chose qui me manquera vraiment.
Vers 11H50, on ressort. Repus.
Secs. Et le soleil. Paysage fraîchement enneigé.
Les Chutes sous nos yeux.

Ca. Et les chinois. Evidemment.

On s'est promenés le long de l'eau. En faisant mumuse avec la neige. En sautant dans les endroits interdits parce que le sol n'est pas stable en cas d'enneigement. Ah ça oui. On a bien rigolé.
Et puis on a levé la tête. Et là. Paf. Les buildings hôtels grande classe super moche avec limousine, le casino nous sont apparus.
La fin de l'innocence. St Catharines vit du tourisme évidemment. Les Bed and Breakfast. Le casino. La grande roue. Le dinosaure.

Et paradoxalement. Quand on s'éloigne du centre ville. On tombe sur les vieilles bicoques américaines en bois.


Bref. Après avoir continué à faire joujou au casino. Ou on a quand même gagné 1,5 $ ...
On a repris la route.
Bus.

Direction Toronto.
Prononcé To'onto. Like a real Canadian.




(Suite demain. Promis.)


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Vendredi 28 novembre 2008
J'ai pas le temps pour ça.
Tanpis.
Avant même de relater mon road-trip de 3 jours en Ontario, laisse-moi passer ma rage sur le clavier.

J'aime pas les chiens.
A la base c'est un fait.
Vieux, le fait.
J'aime pas les chiens depuis toujours.
Pour de multiples raisons.

Ca renifle.
Parfois ça bave.
Ca perd les poils.
En théorie ça se dresse. Preuve s'il en est que c'est con.
Pire.
Ca sent le chien.
Et ça, c'est grave.

J'aime pas l'odeur des chiens.
Ca aussi, c'est un fait.

Celui-là (cf article ci-dessous) avait bénéficié de l'effet de surprise.
Sur le coup, c'était drôle.
Et puis M ne faillait pas à sa réputation d'emmerdeuse amuseuse.
La coloc' de l'ambiance plus que jamais.

Conclusion : ouais, j'avoue. Je me suis emballée.

Une semaine et demi après.
L'heure du bilan.

PUTAIN QUI ME DEBARASSE DU HOT DOG ?!!!!!!

Je veux encore pouvoir dormir le mercredi matin jusqu'à 11H.
Sans un trumeau à ma porte. Il gémit ce con.
Il gratte. Il s'excite. Ca a beau être castré. Ca se la joue dominateur. (C'est pas de moi la dernière affirmation. C'est la véto qui l'a dit. Ouaip. Même qu'il a survécu à la piqûre ...)

Je veux encore jouer à la WII tranquille.
Sans qu'il vienne se frotter à moi dans le canap'.
Renifle mon petit déj'.

Je veux encore pouvoir faire trois pas dans le couloir.
Gueule dans le c..., capuche sur la tête, sans l'avoir dans les jambes.

Je veux encore avoir le droit de pisser sans qu'il m'attende à la sortie.
Les yeux humides.

Je veux encore que M puisse dormir sa porte fermée.
Histoire de ne pas entendre du mauvais jazz passé 23H.
D'éviter d'être empuantie par l'encens qu'elle fait brûler au pied de son lit.
Être préservée des images qui me viennent automatiquement à l'esprit.
Quand je la retrouve, couchée sur son lit, yeux fermés, volutes d'encens dans sa chambre, Céline Dion en fond sonore, lumière tamisée, le chien endormi à ses pieds à 17H ...

Je veux encore profiter de ma solitude en ... silence.
Les jours où tous mes colocs' sont sortis.
Sans avoir peur qu'il ne bouffe la poubelle.
Parce qu'il se sent seul.
Que je le délaisse, enfermée dans ma chambre.
En plus je crois qu'il n'aime pas les Rolling Stones ce naze.

Mais quel besoin sa tante qui n'est pas sa tante en vrai juste une ancienne voisine mais qui vit avec sa mère mais qui n'est pas la meuf de sa mère mais qu'elle est lesbienne quand même mais pas sa mère juste la tante qui n'est même pas de la famille qu'elle appelle sa tante parce qu'elle l'a élevé lui a donné de l'argent pour ses études mais qu'elle n'a pas de père mais si en fait juste sa mère ne se souvient que d'une chose : son nom mais qu'en fait peut-être qu'elle lui ment mais que c'est pas grave elle veut le retrouver quand même qu'il doit être en Grande-Bretagne mais qu'en fait elle s'en fout parce que sa tante c'est comme sa deuxième maman qu'elle est trop lesbienne pour vouloir d'un père mais elle pleure quand même parce qu'elle aimerait bien le voir mais tu comprends c'est pas parce qu'elle aimerait le voir et que connaître son père ça a de l'importance pour elle que tous les enfants ont besoin d'un père d'ailleurs quand elle aura des enfants elle voudra pas de papa pour eux mais que quand même elle a pas peur des contradictions qu'elle voudrait quand même savoir pour le sien mais elle a quand même un bel exemple qui s'appelle sa tante et que c'est une bonne femme avait de nous le ramener ?

Question qui restera probablement sans réponse.
Heureusement.
Il reste moins d'un mois.
Des gens normaux. Je vais revoir des gens normaux.
Ouais.

Par Twix - Publié dans : The Coloc'
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