Mercredi 5 novembre 2008
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11
2008
16:54
OU comment une histoire de cul vient gâcher ton plaisir.
Tu vois.
Hier soir je passe une bonne soirée électorale.
Normal.
Calée devant mon ordi.
CNN.com live.
Un peu de stress.
Les résultats tombent au compte goutte.
Les swing states virent au bleu les uns après les autres.
Ca sent bon.
Des démocrates à la Maison Blanche.
Ephémère connexion avec Cécilou.
C'est beau.
Ce petit échange qui transcende les frontières du temps et de l'espace.
Berlin-Montréal : séparées par un Océan et 6 heures de décalage.
Réunies par MSN. Autour d'une victoire.
Bref.
L'heure est à la satisfaction.
John John concède la défaite.
Lily Allen dans les oreilles :
"when I see you cryyyyy, yeaaa
it makes me smileeee".
Petit post "Here's the man" en attendant LE discours !
...
Ouais.
Ben. Non.
Paye ta soirée girl.
C'était sans compter le drama dans ma L Coloc'.
23h45.
La porte d'entrée claque.
J'entends les voix de E et M dans les escaliers.
Les écouteurs sur les oreilles.
Obnubilée par mon écran.
J'avais pas remarqué.
Le silence.
En fait j'étais seule depuis un bon moment dans l'appart' ...
Les filles venaient à peine de rentrer.
Sauf que E et M qui sortent ensemble un mardi soir.
Reviennent ensemble un mardi soir.
Bientôt minuit.
C'est louche.
J'ai pas eu à me poser des questions très longtemps.
A peine montées, M frappe à ma porte.
"J'peux-tu entrer ?"
"Oui, oui".
E derrière elle. L'air las.
Qui essaye de me dire quelque chose du regard.
Indéfinissable.
M est déjà dans mon dos.
Une tension incroyable émane d'elle.
Rien à foutre de l'Histoire qui se joue devant ses yeux.
Mon ordi retransmet toujours les images.
Elle me fait peur.
J'enlève le son.
Me décide à la regarder franchement.
Elle a pleuré.
Des pulsions de meurtre dans ses yeux rougis.
"Qu'est-ce qu'y a ?"
Elle cherche ses mots.
De les avoir trop répétés.
"Marie-E* et ... et ... Karo** ... sont ... sont ensemble.
Karo m'a appelé ce soir.
(silence)
Ca fait deux semaines."
Bref.
La trahison ultime.
Pour une obscure histoire de cul.
Je regarde E. Qui visiblement n'en peux plus.
D'avoir couru partout avec M pour la calmer.
Je regarde l'heure. Qui tourne.
Obama bientôt à la tribune.
Pas le temps pour les lesbiennes-traîtres.
Sauf que.
M a mal. Ca se voit.
Les yeux fermés on le ressent.
Elle a l'émotion communicatrice.
On vit ses tensions, ses joies, ses stress et ses tristesses de l'intérieur.
Parfois c'est même oppressant.
Sauf que.
J'ai jamais su quoi faire dans ces moments.
Prendre dans mes bras. Je sais pas faire.
Et pour être honnête. J'avais pas envie.
Alors ma bouche a articulé deux, trois lieux communs.
Sur la trahison. Mais j'avoue ma chance.
J'y connais rien.
La rupture et ses malheurs. Mais j'en sais presque rien.
"Tas le syndrôme du coeur de pierre."
L'orgueil blessé. Ouais. Ca.
Je m'y connais déjà plus.
Bof.
Ca lui a pas fait beaucoup d'effet de toutes façons.
Et puis j'étais pas d'humeur compatissante.
Toujours assise.
Le discours allait commencer.
Je l'invite à prendre une chaise.
C'est ainsi que j'ai vécu un speech entrecoupé de larmes.
De vraie tristesse.
De soupirs.
De vraie souffrance.
C'est beau une nation heureuse.
*Marie-E : l'ex de M. Une histoire de 3 ans. De rebonds en rebonds. De ruptures en ruptures. Elles s'étaient plus ou moins remises together il y a un mois et demi. Pas officiellement.
En gros M-E était là le week-end. Siestes crapuleuses le dimanche. Mais les colocs' n'étaient pas censés savoir. Conclusion : quand elles sortaient de la chambre, au bout de deux heures, l'après-midi, cheveux démêlés, il fallait s'exclamer : "A tiens M-E tu es là ? Bien travaillées toutes les deux ?".
Il y a deux semaines, M-E a requitté définitivement M pour la 7ème fois.
La laissant très triste. Pour la 8ème fois.
**Karoline : ancienne coloc' de M. Elle a vécu dans l'appart' pendant un an. Dans la chambre de PP aujourd'hui. M la considère comme une amie proche. Pour l'anecdote : elle n'avait jamais émis aucune attirance pour les filles.
Tu vois.
Hier soir je passe une bonne soirée électorale.
Normal.
Calée devant mon ordi.
CNN.com live.
Un peu de stress.
Les résultats tombent au compte goutte.
Les swing states virent au bleu les uns après les autres.
Ca sent bon.
Des démocrates à la Maison Blanche.
Ephémère connexion avec Cécilou.
C'est beau.
Ce petit échange qui transcende les frontières du temps et de l'espace.
Berlin-Montréal : séparées par un Océan et 6 heures de décalage.
Réunies par MSN. Autour d'une victoire.
Bref.
L'heure est à la satisfaction.
John John concède la défaite.
Lily Allen dans les oreilles :
"when I see you cryyyyy, yeaaa
it makes me smileeee".
Petit post "Here's the man" en attendant LE discours !
...
Ouais.
Ben. Non.
Paye ta soirée girl.
C'était sans compter le drama dans ma L Coloc'.
23h45.
La porte d'entrée claque.
J'entends les voix de E et M dans les escaliers.
Les écouteurs sur les oreilles.
Obnubilée par mon écran.
J'avais pas remarqué.
Le silence.
En fait j'étais seule depuis un bon moment dans l'appart' ...
Les filles venaient à peine de rentrer.
Sauf que E et M qui sortent ensemble un mardi soir.
Reviennent ensemble un mardi soir.
Bientôt minuit.
C'est louche.
J'ai pas eu à me poser des questions très longtemps.
A peine montées, M frappe à ma porte.
"J'peux-tu entrer ?"
"Oui, oui".
E derrière elle. L'air las.
Qui essaye de me dire quelque chose du regard.
Indéfinissable.
M est déjà dans mon dos.
Une tension incroyable émane d'elle.
Rien à foutre de l'Histoire qui se joue devant ses yeux.
Mon ordi retransmet toujours les images.
Elle me fait peur.
J'enlève le son.
Me décide à la regarder franchement.
Elle a pleuré.
Des pulsions de meurtre dans ses yeux rougis.
"Qu'est-ce qu'y a ?"
Elle cherche ses mots.
De les avoir trop répétés.
"Marie-E* et ... et ... Karo** ... sont ... sont ensemble.
Karo m'a appelé ce soir.
(silence)
Ca fait deux semaines."
Bref.
La trahison ultime.
Pour une obscure histoire de cul.
Je regarde E. Qui visiblement n'en peux plus.
D'avoir couru partout avec M pour la calmer.
Je regarde l'heure. Qui tourne.
Obama bientôt à la tribune.
Pas le temps pour les lesbiennes-traîtres.
Sauf que.
M a mal. Ca se voit.
Les yeux fermés on le ressent.
Elle a l'émotion communicatrice.
On vit ses tensions, ses joies, ses stress et ses tristesses de l'intérieur.
Parfois c'est même oppressant.
Sauf que.
J'ai jamais su quoi faire dans ces moments.
Prendre dans mes bras. Je sais pas faire.
Et pour être honnête. J'avais pas envie.
Alors ma bouche a articulé deux, trois lieux communs.
Sur la trahison. Mais j'avoue ma chance.
J'y connais rien.
La rupture et ses malheurs. Mais j'en sais presque rien.
"Tas le syndrôme du coeur de pierre."
L'orgueil blessé. Ouais. Ca.
Je m'y connais déjà plus.
Bof.
Ca lui a pas fait beaucoup d'effet de toutes façons.
Et puis j'étais pas d'humeur compatissante.
Toujours assise.
Le discours allait commencer.
Je l'invite à prendre une chaise.
C'est ainsi que j'ai vécu un speech entrecoupé de larmes.
De vraie tristesse.
De soupirs.
De vraie souffrance.
C'est beau une nation heureuse.
*Marie-E : l'ex de M. Une histoire de 3 ans. De rebonds en rebonds. De ruptures en ruptures. Elles s'étaient plus ou moins remises together il y a un mois et demi. Pas officiellement.
En gros M-E était là le week-end. Siestes crapuleuses le dimanche. Mais les colocs' n'étaient pas censés savoir. Conclusion : quand elles sortaient de la chambre, au bout de deux heures, l'après-midi, cheveux démêlés, il fallait s'exclamer : "A tiens M-E tu es là ? Bien travaillées toutes les deux ?".
Il y a deux semaines, M-E a requitté définitivement M pour la 7ème fois.
La laissant très triste. Pour la 8ème fois.
**Karoline : ancienne coloc' de M. Elle a vécu dans l'appart' pendant un an. Dans la chambre de PP aujourd'hui. M la considère comme une amie proche. Pour l'anecdote : elle n'avait jamais émis aucune attirance pour les filles.