Demain, je pars

Vendredi 10 avril 2009
... un blog qui meurt.

C'est l'effet Scandinave.
Loin de moi l'énergie québécoise.
Marre de la masturbation blogosphérique.

Pourtant j'ai tenu.
Plus que les autres, je veux dire.
(Va voir les liens sur ta gauche, si tu me crois pas. Hein Eloyz ? )

Alors, non, Goethique.
Pas de nouveau blog à mon actif.
Juste un qui se dessèche.
Chaque jour un peu plus.

Pourtant j'en ai encore des histoires.
De love.
Ou des trucs du genre.
Du flirt abrégé.
Sur fond de croisière en mer Baltique.
A bord du "Romantika" ...


Une session salsa+roulage de pelles+b... programmée dans une cabine de bateau.
Non merci, seniore.
Tes poils. Ton torse bombé. Tes ardeurs du slip.
Ca m'excite pas.
Si encore t'avais la peau douce.
Les yeux fermés peut-être ...

Si encore tu savais jouer de ton QI au moment propice.
Comme ton Q n'est pas l'atout majeur.
J'aurais pu m'oublier.

Mais tu vois.
A côté de German balls, tu fais pas le poids.
La veille.
Stockholm.
Pré-party "Cruise Tallin" en boîte.
Ses grands yeux verts, ses dents blanches sur peau tannée m'ont eu.

Tu luttes pas contre ça.
Ca te rend le roulement des vagues, a little bit drunk, plus doux.
J'ai vu le ciel plus rose.
Mes douches ont été plus longues.

Bizarrement.

J'ai pas ri aux serveurs de resto aux colliers de fleurs hawaïens en pleine Baltique.
Juste parcouru les long couloirs du Love boat pendant deux jours.
Dansé jusqu'à 4 heures toutes les nuits.
Admiré les pierres de la capitale estonienne.







Ou tu ne payes pas en Euros.
Ou ils ont bien compris ... le touriste est plus riche que toi.
Tu ne fais pas fortune dans la vieille ville.
Peut-être même que le chocolat chaud tu le payes plus cher qu'en France.
C'est la crise. Oublie pas.

Mais la choucroute était quand même bonne. T'inquiète.
Pour un peu de Germanie en bouche ...






... j'étais prête à signer pour le lard aussi.

Sauf que la vie est mal faite.
Il paraît.

Une revenante. Une française. Cette fois.
Ouaip.
J'suis internationale du sex appeal.
J'avais oublié son existence.
Elle veut le numéro de ma chambre.
De mon portable.
M'offrir une cigarette.
Me raccompagne.
Cherche ses mots.



Putain.

Je sais pas, ça doit être ça le gaydar ?



J'sais juste qu'elle a pas les yeux verts.

Par Twix
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Mercredi 4 mars 2009
Revenue du pays de Far far away, je suis.
D'arctique pas vraiment.

Tu te remets pas de 24 heures x2 dans un train, comme ça.
Fucking train.
Full of fucking drunk guys.
Qui voudraient bien te fucker un peu.
Dans les toilettes qui ne ferment pas à clé par exemple.
Refuser les tickets restau d'un indien libidineux et vodkainé.
Avoider les avances de deux jeunes suédois peut-être en manque d'amour mais pas d'alcool.
Mine de rien.
C'est du sport.
Surtout que t'as un peu froid : il neige entre deux compartiments.

Surtout que Beautiful Black Skin (BBS) t'accompagne.
Que tu ne voudrais pas qu'on te l'abîme.
Ton pacemaker.
Ta caution pour l'oubli.

Arrivée en Laponie, tout là haut, au-delà du cercle polaire, samedi après-midi.
Tu te sens seule.
Montagne, étendues blanches, lac et canyon gelés et forêt à perte de vue.


Juste trois gros bâtiments à la station touristique d'Abisko : l'hôtel, la location de ski et le centre d'info pour le parc national.
Sinon le sol glacé.

Et les chinois.

Paraît que la seule chose qui les intéresse ce sont les aurores boréales.



Interdiction de faire le/la difficile. J'ai pris cette photo au péril de mes doigts au milieu d'une forêt par moins -20°C, après avoir dû manger du renne séché ... beurk.

Et je crois que c'est vrai.

Tu ne les croises pas au sauna.
Les grosses suédoises nues aux seins ramollis mais aux fesses rebondis qui se frottent presque à toi sous la douche, l'asiatique s'en tamponne.
Pareil pour les activités sportives.
L'asiatique n'aime pas voir son postérieur moulé dans un harnais, crampons aux pieds pour une partie d'ice climbing dans l'Abisko canyon.




L'asiatique n'aime que sa grosse caméra.
Et la vodka à 11 euros le verre qu'on te serre à l'ice bar du "fameux" Ice Hotel de Kiruna.




Mais que c'est fait avec amour ...

Si, si.

Et comme entre deux visites.
T'as du temps à perdre en arctique.
Ben.
Tu manges. Beaucoup. Même qu'avec de la chance le buffet de l'hotêl à Abisko, tu l'as gratos.
(Savent pas compter les suédois).
Tu sues. Des litres. Au sauna.
Tu bois. Finalement pas tant que ça. Prendre soin de BBS et de l'Australienne qui elles boivent beaucoup.
Et ne sont pas effrayées par les rencontres espagnoles de la cuisine.
00H.
Le regard libidineux des hispaniques à leurs seins couverts.
Je suis Mère Supérieure.

Soeur Françoise ne sort pas de ce corps.


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Mardi 20 janvier 2009

Samedi j’ai pris les mêmes et j’ai recommencé.

 

A pester d’abord.

La grosse valise rouge qui se retourne au premier trottoir franchi, ta mère en slip.

Le vieil ordinateur qui a fait la prépa

Il « a fait toutes les guerreuhhh

Et l’amour aussi »

 

 

 

(Ouais. Bon. Ok.

Du pop-porn surtout.)

qui pèse lourd sur les épaules, I will survive.

 

A m’étonner ensuite.

L’organisation à la suédoise c’est de la bonne, baby.

Les buddy students t’attendent à l’aéroport.

Te conduisent à l’un des trois bus spécialement apprêtés pour toi.

Direction la signature du bail et la remise des clés.

Puis, hop, tout le monde re-dans le bus.

Vers LA résidence. The place to be à Göteborg. Les suédois l’appellent Olofhödj.

Pour toi ce sera Swedish paradise.

Ca doit donner approximativement 200 étudiants étrangers sur le complexe …

L’Europe dans sa globalité.

 

J’ai bandé enfin.

En ouvrant la porte de ma chambre.

Si fort, j’en ai troué le pantalon.

L’appartement doit juste faire dans les 27m².

Un placard de fou encastré dans le mur du couloir. Des souvenirs laissés par les anciens à l’intérieur : une colonie de bougies, du matériel de couture, des sparadraps Spider Man … une tonne de produits de nettoyage …

 

… c’est là que j’ai joui, je crois.

 

Plus le choix pour la douche.

 

J’ai pensé à la France.

A ma fenêtre, aujourd’hui, une bougie brûle pour toi.

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Mardi 16 décembre 2008
Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon.

Ce blog n'est pas mort.
Pas encore.

C'est juste toi qui est fatigué.
Oui, toi.
Toi + moi = pas d'humeur au blog.

Mais j'irai au bout du bout du bout de la fin de l'ennui de la masturbation de mon sur-moi.
Que la partie immergée de mon iceberg mouille encore longtemps l'encre de la blogosphère.
Du moins le premier semestre de 2009.

Avec Ottawa j'achève la trilogie Ontario.
Mais la mienne aussi.

Tu vois Strasbourg ?
Ben, Ottawa c'est pareil.
En plus moche.
Plus industrielle sur les bords du Parlement.
Et des maisons en brique.

Mais c'est propre.
Ca oui.
Même un SDF, c'est propre à Ottawa.
Déjà c'est discret. Sous le pont. A l'ombre.
Juste une couverture.
Même pas d'argent à réclamer.
Ensuite y a rien autour de lui.
Même pas un petit mégot.
Non.
La grande classe Ottawa.

Bon.
Y a quoi à Ottawa ?
A part ..., je veux dire.

Un petit quartier d'affaires minable à côté de celui de Montréal.
Des musées. Moins qu'à Montréal.
Une rue marchande. Contre 3, 4 à Montréal.
Deux Universités. Au moins 4 à Montréal.

C'est bon ? T'as compris ?
Que Montréal c'est vacheeeeeeeemmmmmment plus mieux.

Sinon on trouve quand même des Starbucks, des Second Cups et des vélos.

Un Parlement surtout.




C'est quand même la capitale du Canada.
Ne l'oublie jamais.
Et tout ça, c'est à cause de Victoria.
Tu sais, la Reine.
C'est elle qui comme ça, a décidé un jour de mettre la capitale à Ottawa.
Si j'ai bien suivi la visite guidée, à l'époque tout le monde l'a prise pour une folle.
L'Histoire lui a finalement donné raison.
Proche des Etats-Unis mais pas trop pour bien marquer la souveraineté canadienne.
Et surtout. Surtout.
Juste à la frontière avec le Québec pour ne pas les perdre de vue ces gaulois à la sauce poutine.
Histoire de calmer leur envie de sécession.
Oui. Ca les prend comme ça.
Tous les 10-20 ans en moyenne, un québécois est amené à se prononcer par voie référendaire sur le thème : alors, tu la veux ta souveraineté politique ou pas ?
Même qu'en 1995 ils sont passés à 0,59% de se casser de la fédération ces niaiseux.

Alors, bon. Là tu comprends mieux pourquoi elle avait eu le nez fin Victoria d'Angleterre.

A part la visite du Parlement.
Globalement je crois qu'on s'est un peu fait chier.
On avait vachement froid.
La ballade le long du Canal Rideau a fini de nous achever.
Alors on a concentré nos efforts sur le musée des civilisations.
Où qu'on a vu des canards.
Et des expositions moches.
On s'est fait une petite virée dans le Grand Canyon via l'Imax du musée.
Mais même ça, ça puait un peu la sensibilisation écologique à deux balles. Genre : han la rivière se tarit de plus en plus. Que faire ?
45 minutes d'images plus tard : mettre un économiseur d'eau dans les chiottes.
Et après on sera tous heureux pour les siècles et les siècles.

Bref.
Pour autant je regrette pas la visite.
Je critique, je critique mais c'est quand même beau.
C'est juste qu'il n'y a pas énormément de choses à y faire en tant que touristes.
Eventuellement un petit Second Cup ...
Eventuellement.


But I resisted.





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Vendredi 5 décembre 2008
Le froid. Le noir. Et les lumières rouge.
L'arrivée à Toronto, c'était ça.
Une ville futuriste à la "I Robot".

Depuis Atlanta et son périph' de nuit, j'avais plus jamais vu ces buildings aux grands panneaux publicitaires éclairés par des projecteurs.
Les hélicoptères qui survolent en permanence le secteur.

Tu t'attends à tout moment à voir surgir Will Smith gun en poche, bonnet vissé sur la tête.


Une fois descendu du bus, t'es surtout saisi par le froid. Un froid sec, traître. Enlève tes gants.
Sur le coup tout va bien.
Deux minutes après tu ne peux pas bouger les doigts.
La main te tire dans toute sa longueur.
S'en est même difficile de marcher.
Impossible de penser à autre chose.
Là, tu te dis qu'il est temps de trouver l'auberge.

C'est la lilloise qui s'est occupée de réserver pour la nuit.

Devine.

Des chinois. Oui.
Il y a, quoi ? sûrement une bonne cinquantaine d'auberge dans cette ville (la plus peuplée du Canada, au passage), elle me dégotte une auberge de chinois ...
Quand on a cherché pendant une demie heure où pouvait bien se trouver cette p%# d'auberge, j'ai bien failli être mauvaise langue. Sur le thème : faut-il vraiment faire confiance à un de la race des pékinois ?

Bon.

J'admets. J'ai pas juste failli.
Deux minutes avant de se retrouver devant la porte des chinois et d'un lave linge (parfaitement, c'est toujours du meilleure effet sur un palier), j'ai craqué. Sous-entendu lâche : t'as déjà payé ? Internet ? ben voyons.

Bref.
On a sonné.
Une petite chinoise, la soixantaine, vient ouvrir.
Large sourire découvrant ses dents.
Elle ne dit pas un mot et disparaît dans le couloir.
Là, un vieux tout sourire arrive. Téléphone à l'oreille, il parle chinois au responsable de la maison.

On se regarde. Dieu de tous les cieux.
Evidemment.
Ils ne parlent même pas anglais, les sushis. Trop vieux. Sont périmés.
Du coup, on est obligés de s'expliquer en anglais à la sauce pékinoise avec le gérant de l'auberge, absent ce soir-là.

Le vieux finit par nous conduire à notre chambre.
Il rit. Il ne parle pas.
Juste il rit.
Quand il marche. Monte les escaliers. Allume la lumière.
Nous regarde. Trois petits "hi hi hi", rapides, parfaitement millimètrés.
J'ai eu du mal à m'endormir. Surtout en imaginant qu'il pourrait remonter nous voir, un couteau entre les dents, pendant notre sommeil. "Hi hi hi".

Comme il n'était pas si tard, et surtout qu'on avait vachement faim, on est ressortis.
Pour prendre des pizzas, du vin et de la bière.
Ouais. On avait envie d'une soirée pépère, et correctement alcoolisée.
Pour se réchauffer.

Chinatown everywhere.

Foot massage 10$ ?
Chicken ?
Manga ?

Tu peux trouver le parfait bonheur chinois là-bas.
Politique du multiculturalisme oblige, les noms de rues sont donnés en anglais et chinois à la fois.

Incroyable, quand on y pense.

Dans ce contexte, la pizza, le vin et les bières c'était pas gagné.


Mais on savait pas à quel point.
On est à Montréal, à la base.
Point de vue réglementation, les différences avec la France sont pas énormes.
Certes.
Pas de grand choix de vin pour pas chère. Mais si tu veux, tu peux.
Quelle que soit l'heure.

Là.
Umh.
Déjà le vin, on a dû oublier. Deux supérettes visitées.
Pas une trace de la moindre petite boisson alcoolisée.
Il fait froid, la ville est grande, les magasins sont entrain de fermer.
D'ici à ce qu'on trouve un magasin spécialisé, c'est mort.
Jamais ça n'arriverait à un français.
Jamais.

Passons.
Arrivés à la pizzeria, on repère les bières dans le réfri'.
On en prend chacun une.
Là, action surprenante. Le mec nous les décapsule direct.
Je lui fais remarquer qu'on les emméneraient bien avec nous.
Il me regarde l'air surpris dans un premier temps, puis rit franchement.
"No, no way. You can't".
What the fuck ?

Figure-toi que les lois en Ontario sont les suivantes : interdiction pour un commerçant de fast food ou restau ou assimilé de laisser les clients consommés en dehors de son établissement.
Interdiction de consommer de l'alcool tout court, dans la rue.
Un commerçant qui laisserait un de ses clients avec une bouteille de bière sur la voie publique risque une grosse amende ou de voir son établissement fermé.

Rien que ça.

Mazette qu'on s'est dit du regard tous les trois.


Rigole pas beaucoup en Ontario.

Déjà qu'il fait glacial.
Les pauvres.

Le lendemain on a surtout marché. Marché le long de l'eau.
Marché le long des rues aux murs tout tagués, tout partout, tout colorés.
 

Mais c'est dur. De se départir de la froideur générale que dégage la ville.
Son architecture.

Du béton. Du gris. De l'acier.






Le gigantisme des lignes du chemin de fer qui se dirigent vers la Tour CN. L'une des plus hautes tours autoportantes du monde.


Du fer encore.
Aspiré au coeur de Toronto.
Sous un ciel bleu acier.
C'est beau.
Mais glaçant.










Même les parcs de jeu pour enfants sont effrayants.
Vue sur une usine désaffectée à la sortie du toboggan.






Ouah ! la folie.















Face au lac, un SDF, aux milieux des hautes herbes.
Protégé par le vent, un grand bateau, le Cindy, devant lui, il lit un grand livre pour enfants.
Les yeux bleus.


Lui.
Doit avoir froid aujourd'hui.

J'ai pas vu de services sociaux les deux soirs où on est passés devant un autre clochard.
Allongé sur une plaque chauffante au beau milieu du trottoir, il ne bougeait plus sous sa couverture.
-15°C ces soirs-là.

Glaçante, je te dis cette ville.



De la tour CN, tu peux encore mieux admirer l'autoroute, le périph', le lac immense qu'on dirait la mer.



Après on a visité le centre ville.
L'association PETA a tenté de réchauffer l'ambiance avec des pancartes d'animaux ensanglantés.
Le kiffe.

On s'est réfugiés dans une crêperie en attendant l'heure du départ.

00h01.

Pour Ottawa.
Mon épreuve personnel.
Comprenne qui pourra.
Par Twix
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